La sous-traitance dans Qualiopi : comprendre les exigences
Découvrez les règles de la sous-traitance dans Qualiopi et si les sous-traitants doivent être certifiés Qualiopi pour garantir la qualité de la formation
L'essentiel
- La sous-traitance dans Qualiopi est encadrée par l'indicateur 27 du Référentiel National Qualité : l'organisme de formation certifié doit s'assurer que son sous-traitant respecte les exigences du référentiel.
- Un sous-traitant n'a pas l'obligation d'être lui-même certifié Qualiopi tant qu'il ne perçoit pas directement les fonds publics ou mutualisés mentionnés à l'article L.6316-1 du code du travail.
- L'organisme donneur d'ordre reste responsable, devant son certificateur et le financeur, de la qualité de la prestation confiée à un tiers.
- Une défaillance sur la sous-traitance constitue une non-conformité relevable en audit et peut menacer le maintien de la certification Qualiopi.
1. Comprendre la sous-traitance dans Qualiopi
La sous-traitance désigne le fait, pour un organisme de formation (OF), de confier tout ou partie de la réalisation d'une prestation à un tiers : formateur indépendant, autre organisme, cabinet de conseil, plateforme e-learning. Dans ce schéma, l'OF certifié reste le donneur d'ordre : il contractualise avec le financeur ou le bénéficiaire, tandis que le sous-traitant exécute la prestation pour son compte.
Il faut distinguer plusieurs configurations que le cadre Qualiopi ne traite pas de la même façon :
- La sous-traitance de production pédagogique : un formateur externe anime une session pour le compte de l'OF certifié.
- La co-traitance : deux organismes interviennent conjointement sur une action, chacun conservant sa part de responsabilité contractuelle.
- Le portage salarial, expressément visé par le référentiel au même titre que la sous-traitance.
Pour le lectorat des actions de formation (AF), bilans de compétences (BC), VAE et CFA, l'enjeu est identique : recourir à un tiers ne dispense pas l'organisme de garantir la qualité de la prestation. C'est ce principe de responsabilité qui structure l'ensemble des exigences Qualiopi en matière de sous-traitance, et qui se matérialise à travers un indicateur dédié du référentiel. En savoir plus sur la certification Qualiopi pour les organismes de formation.
2. Exigences pour les sous-traitants
La certification Qualiopi est obligatoire, depuis le 1er janvier 2022, pour les prestataires souhaitant bénéficier de fonds publics ou mutualisés (OPCO, CPF, Pôle emploi devenu France Travail, État, régions), en application de l'article L.6316-1 du code du travail et du décret n° 2019-565 du 6 juin 2019.
Point essentiel, souvent mal compris : cette obligation s'apprécie au regard de qui perçoit le financement. Lorsqu'un sous-traitant est payé par l'OF donneur d'ordre — et non directement par le financeur — il n'est, en principe, pas tenu d'être lui-même certifié Qualiopi. C'est l'organisme donneur d'ordre, titulaire de la certification, qui reste dans le champ de l'obligation.
En revanche, le sous-traitant reste soumis aux obligations réglementaires de droit commun applicables à tout prestataire de formation :
- déclaration d'activité auprès de la DREETS et obtention d'un numéro de déclaration d'activité (NDA) lorsqu'il exerce une activité de formation ;
- respect des dispositions du code du travail relatives à la formation professionnelle ;
- capacité à fournir les preuves et livrables demandés par le donneur d'ordre pour alimenter son propre audit.
Autrement dit, l'absence d'obligation de certification ne signifie pas absence d'exigences : le sous-traitant doit pouvoir démontrer, pièces à l'appui, sa conformité aux critères que l'OF certifié est tenu de faire respecter.
3. La certification Qualiopi pour les sous-traitants
Un sous-traitant peut choisir de se faire certifier Qualiopi, même sans y être contraint. La procédure est identique à celle de tout organisme : audit initial par un certificateur accrédité par le COFRAC (ou autorisé par France Compétences), audit de surveillance à mi-parcours, puis audit de renouvellement au bout de trois ans.
Pour gagner du temps sur cette partie, un kit documentaire Qualiopi fournit l’ensemble des trames attendues par l’auditeur.
Avantages d'une certification volontaire pour le sous-traitant :
- possibilité de contractualiser directement avec des financeurs et de percevoir des fonds publics sans passer par un donneur d'ordre ;
- argument commercial : simplification du travail de contrôle pour les OF donneurs d'ordre, qui trouvent en face un partenaire déjà audité ;
- structuration interne des process qualité.
Inconvénients ou limites :
- coût de l'audit et du temps de préparation, non négligeable pour un formateur indépendant ou une petite structure ;
- charge documentaire à maintenir dans la durée (preuves, veille, traitement des réclamations).
Une certification du sous-traitant ne transfère pas la responsabilité : même face à un tiers certifié, l'OF donneur d'ordre doit toujours démontrer, au titre de l'indicateur 27, qu'il s'assure de la conformité de la prestation confiée.
Le choix relève donc d'une décision propre au sous-traitant, en fonction de son modèle économique et de sa volonté d'accéder ou non directement aux financements mutualisés. Cet article ne constitue pas un conseil individualisé.
Nous détaillons cette étape dans « Indicateur 2 Qualiopi : Comprendre les exigences ».
4. Le Référentiel National Qualité (RNQ) et la sous-traitance
Le Référentiel National Qualité, annexé au décret n° 2019-565, structure la certification Qualiopi autour de 7 critères et 32 indicateurs. Il fixe le socle de qualité commun à tous les prestataires de développement des compétences.
La sous-traitance y fait l'objet d'un indicateur spécifique : l'indicateur 27, rattaché au critère 6 (« l'inscription et l'investissement du prestataire dans son environnement professionnel »). Sa formulation impose que, lorsqu'un organisme recourt à la sous-traitance ou au portage salarial, il s'assure du respect de la conformité au référentiel par le tiers concerné.
Pour approfondir ce point, consultez notre guide « Indicateur 25 Qualiopi : Comprendre les conditions de la sous-traitance ».
Concrètement, le guide de lecture du RNQ attend de l'OF donneur d'ordre qu'il puisse présenter à l'auditeur des éléments de preuve tels que :
- un contrat ou une convention de sous-traitance formalisant les engagements qualité ;
- les modalités de sélection et de suivi du sous-traitant ;
- la transmission au tiers des exigences applicables (indicateurs concernés par la prestation) ;
- un dispositif de contrôle de la bonne exécution.
Il est utile de noter que l'indicateur 27 fait partie des indicateurs dits « spécifiques » : il n'est audité que si l'organisme déclare effectivement recourir à la sous-traitance. Un OF qui n'externalise rien n'est pas évalué sur ce point. Découvrez le Référentiel National Qualité (RNQ) et ses indicateurs de qualité.
Si vous partez d’une page blanche, des modèles de documents prêts à l’emploi sécurisent chaque preuve demandée lors de l’audit.
5. Responsabilités des organismes de formation et des sous-traitants
La logique du référentiel repose sur une responsabilité en cascade, mais non transférable. L'organisme donneur d'ordre demeure le garant final de la qualité vis-à-vis du financeur et du certificateur.
Côté organisme de formation certifié, les responsabilités incluent :
- sélectionner ses sous-traitants sur des critères objectifs et tracés ;
- transmettre les exigences du RNQ applicables à la prestation confiée ;
- contrôler la réalisation et conserver les preuves (émargements, évaluations, retours des bénéficiaires) ;
- intégrer les prestations sous-traitées dans son propre système qualité, sa veille et son traitement des réclamations.
Côté sous-traitant, les obligations relèvent surtout du contrat qui le lie au donneur d'ordre :
Sur le même sujet, lisez « Sous-traitance et Qualiopi 2026 : règles, obligations et bonnes pratiques ».
- respecter le cahier des charges et les engagements qualité convenus ;
- fournir les livrables et éléments de preuve nécessaires à l'audit du donneur d'ordre ;
- signaler toute difficulté susceptible d'affecter la conformité de la prestation.
Cette répartition explique pourquoi la formalisation contractuelle est centrale : un OF ne peut pas prouver qu'il « s'assure » de la conformité s'il ne dispose d'aucun document opposable à son sous-traitant. Selon France Compétences, l'esprit du dispositif est bien de responsabiliser le donneur d'ordre, sans exonérer le tiers de ses propres obligations réglementaires.
En complément, l’article « Les 32 indicateurs Qualiopi décryptés avec exemples de preuves » apporte des exemples concrets.
6. Conséquences d'une non-conformité à la réglementation Qualiopi
Une gestion défaillante de la sous-traitance peut être relevée par l'auditeur au titre de l'indicateur 27. Selon la gravité, l'écart est qualifié de non-conformité mineure (à corriger dans un délai fixé, généralement sous quelques mois) ou majeure (susceptible de bloquer la délivrance ou le maintien de la certification tant qu'elle n'est pas levée).
Pour l'organisme de formation donneur d'ordre, les conséquences potentielles sont :
- refus, suspension ou retrait de la certification par le certificateur ;
- perte d'accès aux fonds publics et mutualisés, l'article L.6316-1 conditionnant leur mobilisation à la détention de Qualiopi ;
- impact commercial et réputationnel auprès des financeurs et des bénéficiaires.
Pour le sous-traitant, les conséquences sont surtout contractuelles : rupture de la relation avec le donneur d'ordre, non-renouvellement, voire mise en cause de sa responsabilité si le contrat le prévoit. S'ajoutent les sanctions de droit commun applicables à tout prestataire (contrôle de la DREETS, remise en cause de prises en charge en cas d'irrégularité).
La prévention passe donc par une documentation solide : contrats de sous-traitance, procédure de sélection et de suivi, preuves de contrôle. C'est précisément cette base documentaire que les organismes doivent tenir à jour pour aborder sereinement leur audit, initial comme de surveillance.
FAQ
Les sous-traitants doivent-ils être certifiés Qualiopi ?
En principe, non. Tant que le sous-traitant est rémunéré par l'organisme donneur d'ordre et ne perçoit pas directement les fonds publics ou mutualisés visés à l'article L.6316-1 du code du travail, il n'a pas l'obligation d'être certifié. C'est l'OF donneur d'ordre, certifié, qui reste responsable de la conformité au titre de l'indicateur 27 du RNQ.
Quelles sont les exigences pour les sous-traitants ?
Le sous-traitant doit respecter les obligations réglementaires de droit commun (déclaration d'activité, code du travail) et les engagements qualité fixés par son contrat avec le donneur d'ordre. Il doit surtout pouvoir fournir les preuves nécessaires pour que l'OF certifié démontre, en audit, sa conformité aux indicateurs du RNQ applicables à la prestation.
Qu'est-ce que l'indicateur 27 du RNQ ?
L'indicateur 27, rattaché au critère 6, impose qu'un organisme recourant à la sous-traitance ou au portage salarial s'assure du respect de la conformité au référentiel par le tiers. Il s'agit d'un indicateur spécifique : il n'est audité que si l'organisme déclare effectivement externaliser tout ou partie de ses prestations.
Quelles sont les conséquences d'une non-conformité sur la sous-traitance ?
Selon sa gravité, l'écart relevé sur l'indicateur 27 est qualifié de non-conformité mineure ou majeure. Une non-conformité majeure non levée peut entraîner le refus, la suspension ou le retrait de la certification, et donc la perte d'accès aux fonds publics et mutualisés conditionnés à Qualiopi par l'article L.6316-1.
Comment un organisme peut-il garantir la qualité d'une prestation sous-traitée ?
En formalisant un contrat de sous-traitance intégrant les exigences qualité, en sélectionnant ses tiers sur des critères tracés, en transmettant les indicateurs du RNQ applicables et en contrôlant la réalisation. Les preuves (émargements, évaluations, retours des bénéficiaires) doivent être conservées et intégrées au système qualité de l'organisme donneur d'ordre.
Qu'est-ce que le Référentiel National Qualité (RNQ) ?
Le RNQ, annexé au décret n° 2019-565 du 6 juin 2019, est le référentiel unique qui fonde la certification Qualiopi. Il définit les exigences qualité applicables aux prestataires de développement des compétences autour de 7 critères et 32 indicateurs, dont l'indicateur 27 consacré à la sous-traitance et au portage salarial.
Un sous-traitant peut-il choisir de se faire certifier Qualiopi ?
Oui. La démarche est volontaire et suit la procédure classique : audit initial par un certificateur accrédité COFRAC, audit de surveillance, puis renouvellement à trois ans. Se certifier permet au sous-traitant de contractualiser directement avec des financeurs, mais ne transfère pas la responsabilité du donneur d'ordre au titre de l'indicateur 27.
Quelle différence entre sous-traitance et co-traitance ?
Dans la sous-traitance, l'organisme donneur d'ordre contractualise seul avec le financeur et confie l'exécution à un tiers dont il reste responsable. Dans la co-traitance, plusieurs organismes interviennent conjointement, chacun conservant sa part de responsabilité contractuelle. La distinction influence la manière dont les responsabilités qualité sont réparties et documentées.
Le portage salarial est-il concerné par les mêmes règles ?
Oui. L'indicateur 27 vise expressément la sous-traitance et le portage salarial. Lorsqu'un organisme recourt à un formateur en portage, il doit de la même manière s'assurer du respect de la conformité au référentiel et pouvoir en apporter la preuve à l'auditeur.
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