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Développement des compétences des formateurs avec l'indicateur 28 Qualiopi

Découvrez comment l'indicateur 28 Qualiopi peut vous aider à développer les compétences de vos formateurs et personnels pour améliorer la qualité de votre formation

Par Mohamed MeguedmiMis à jour le 17/06/2026

L'essentiel

  • L'indicateur 28 du Référentiel National Qualité (RNQ) impose à tout organisme de formation certifié Qualiopi de démontrer le développement continu des compétences de ses formateurs et personnels intervenants.
  • Les preuves attendues couvrent un plan de développement formalisé, des actions de formation suivies, des entretiens professionnels, et la traçabilité des actions d'autoformation ou de veille pédagogique.
  • L'indicateur 28 relève du Critère 6 du RNQ, qui porte sur l'investissement de l'organisme dans l'environnement professionnel, et concerne tous types de prestataires (AF, BC, VAE, CFA).
  • L'auditeur Qualiopi vérifie l'existence d'un processus structuré, pas un volume horaire minimum : l'enjeu est la cohérence entre besoins identifiés, actions menées et impact sur la qualité de la prestation.

1. Comprendre l'indicateur 28 Qualiopi

L'indicateur 28 figure parmi les 32 indicateurs du Référentiel National Qualité (RNQ) institué par le décret n°2019-565 du 6 juin 2019 et publié au Journal officiel. Il s'inscrit dans le Critère 6, intitulé « L'investissement du prestataire dans son environnement professionnel ». Concrètement, l'indicateur 28 demande au prestataire d'actions concourant au développement des compétences d'entretenir et développer les compétences de ses salariés, en lien avec les prestations qu'il propose.

Cette exigence couvre l'ensemble des intervenants : formateurs internes salariés, formateurs occasionnels, sous-traitants pédagogiques, accompagnateurs VAE, jurys de bilan de compétences, maîtres d'apprentissage côté CFA. L'auditeur Qualiopi attend la preuve d'un processus structuré, pas une politique RH idéale : il s'agit de démontrer que les compétences pédagogiques et techniques mobilisées dans les prestations restent à jour.

Selon France Compétences, l'indicateur 28 est commun à toutes les catégories d'actions : actions de formation (AF), bilans de compétences (BC), validation des acquis de l'expérience (VAE) et actions de formation par apprentissage (CFA). Aucun seuil chiffré n'est imposé par le RNQ : c'est la cohérence du dispositif qui est évaluée. En savoir plus sur le Référentiel National Qualité (RNQ).

Le niveau d'attente est renforcé pour les CFA, qui doivent en outre traiter la formation des maîtres d'apprentissage et la qualification des personnels en charge du suivi des apprentis. Ce point est précisé dans le Guide de lecture officiel du RNQ publié par le ministère du Travail.

2. Objectifs du développement des compétences des formateurs

Le développement des compétences des formateurs poursuit trois finalités opérationnelles, étroitement liées à la qualité des prestations délivrées.

Maintenir les compétences pédagogiques. L'animation de groupes, la conception de séquences, la gestion de l'hétérogénéité ou l'usage des outils numériques (LMS, classes virtuelles, IA générative) évoluent rapidement. Un formateur qui n'actualise pas sa pratique pédagogique perd progressivement en pertinence, ce qui se traduit par des écarts visibles sur les indicateurs 11 (adaptation aux publics) et 12 (qualité du contenu).

Actualiser les connaissances techniques métier. Un formateur en cybersécurité, en comptabilité ou en droit social doit suivre les évolutions réglementaires et techniques de son secteur. Cette veille est attendue sous une forme traçable : abonnements professionnels, participation à des colloques, certifications éditeur, journées sectorielles INFFO Formation, etc.

Soutenir l'évolution professionnelle. L'objectif n'est pas uniquement défensif. Le développement des compétences alimente la capacité de l'organisme à élargir son catalogue, à expérimenter de nouvelles modalités (AFEST, blended, micro-learning) et à fidéliser ses formateurs, salariés comme indépendants.

Ces objectifs doivent être formalisés par écrit : note de politique RH, plan de développement des compétences (PDC) au sens du code du travail (art. L6321-1), feuille de route annuelle. Selon le Guide de lecture du RNQ, l'absence de formalisation est l'une des causes les plus fréquentes de non-conformité sur l'indicateur 28.

3. Méthodes pour développer les compétences des formateurs

L'indicateur 28 admet une large palette de modalités. Aucune méthode n'est imposée par le RNQ : ce qui compte, c'est la diversité documentée et l'adéquation aux besoins identifiés.

Ce sujet est traité en détail dans « Indicateur 24 Qualiopi : Ressources pour la veille sur les compétences ».

  • Formation continue formalisée : actions inscrites au plan de développement des compétences, stages externes, certifications professionnelles, parcours diplômants. Les justificatifs attendus sont les attestations de fin de formation, feuilles d'émargement et factures.
  • Auto-formation et veille : MOOC, podcasts pédagogiques, newsletters spécialisées (Centre Inffo, France Compétences), lectures professionnelles. Traçabilité possible via un journal de veille daté ou un tableau partagé.
  • Co-développement entre pairs : co-animation, observations croisées, groupes d'analyse de pratiques, retours d'expérience inter-formateurs. Très valorisé par les auditeurs car peu coûteux et fortement formateur.
  • Tutorat et mentorat : accompagnement d'un formateur expérimenté vers un formateur junior, ou inversement pour les outils numériques. Trace : convention de tutorat, comptes-rendus d'échanges.
  • AFEST interne : la formation en situation de travail s'applique aussi aux formateurs. Une mission de conception, un audit pédagogique ou une nouvelle modalité peut constituer une AFEST si elle est encadrée par un référent et donne lieu à des phases réflexives.
  • Conférences, colloques, salons : Learning Technologies, Universités d'été du e-learning, événements sectoriels. Une simple participation ne suffit pas : il faut documenter ce qui en a été retiré.

L'auditeur examine généralement un échantillon de 2 à 4 formateurs. Mieux vaut un dispositif modeste mais réellement documenté qu'une politique ambitieuse non traçable.

Nous détaillons cette étape dans « Plan de développement des compétences : guide pour les entreprises ».

4. Évaluation des compétences des formateurs

Identifier les besoins est un préalable à l'indicateur 28. Sans diagnostic, le plan de développement reste théorique. Plusieurs dispositifs d'évaluation peuvent être combinés.

L'entretien professionnel constitue le pivot du dispositif pour les formateurs salariés. Obligatoire tous les deux ans en vertu du code du travail (art. L6315-1), il doit aborder les perspectives d'évolution, les besoins en formation et le bilan des actions menées. Pour les formateurs indépendants et sous-traitants, un entretien annuel équivalent (revue de prestation) tient lieu de cadre.

En complément, l’article « Indicateur 21 Qualiopi : Compétences des formateurs et personnels mobilisés » apporte des exemples concrets.

L'évaluation à chaud et à froid des stagiaires (indicateur 30) alimente directement l'évaluation des compétences pédagogiques : commentaires récurrents sur l'animation, la clarté, l'adaptation au public. Une remontée systématique en synthèse annuelle facilite l'identification des besoins individuels et collectifs.

L'observation pédagogique par un responsable formation ou un référent qualité reste l'outil le plus précis. Une grille standardisée (cadrage objectifs, gestion du temps, interactions, supports) permet une évaluation objectivable. Une à deux observations par formateur et par an constituent une pratique fréquemment observée chez les organismes audités favorablement.

Pour aller plus loin, voir « Critère 5 Qualiopi : Compétences des Formateurs ».

L'auto-évaluation via une grille de compétences (par exemple inspirée du référentiel formateur de l'AFNOR ou des fiches ROME) complète le dispositif. Elle prépare l'entretien professionnel et responsabilise le formateur sur son propre développement.

Toutes ces évaluations doivent déboucher sur une décision : action de formation, modification d'affectation, accompagnement renforcé. Une évaluation sans suite ne convainc pas l'auditeur.

5. Liens avec le Référentiel National Qualité (RNQ)

Le RNQ comporte 7 critères et 32 indicateurs, définis par le décret n°2019-565 et l'arrêté du 6 juin 2019, puis ajustés par l'arrêté du 31 mai 2023. L'indicateur 28 fait partie du Critère 6 avec les indicateurs 22 (veille légale et réglementaire), 23 (veille sur les évolutions de compétences et métiers), 24 (veille sur les innovations pédagogiques et technologiques) et 25 à 27 (selon spécialisation des prestataires).

L'indicateur 28 entretient des liens étroits avec d'autres indicateurs du RNQ :

  1. Indicateur 1 : information du public sur les prestations. Les compétences des formateurs mobilisés font partie des éléments de transparence attendus.
  2. Indicateurs 11, 12, 13 : adaptation des prestations au public et aux objectifs. Une équipe pédagogique non actualisée fragilise mécaniquement ces indicateurs.
  3. Indicateur 22 : la veille légale alimente directement le développement des compétences des formateurs en matière réglementaire.
  4. Indicateur 30 : l'appréciation des bénéficiaires constitue une source d'évaluation des compétences pédagogiques.

Pour COFRAC, instance d'accréditation des certificateurs Qualiopi, la cohérence inter-indicateurs est un signal de maturité de l'organisme. Un dossier où l'indicateur 28 est isolé du reste du système qualité éveille la vigilance. Découvrez les autres indicateurs Qualiopi pour le développement des compétences.

Si vous partez d’une page blanche, des modèles de documents prêts à l’emploi sécurisent chaque preuve demandée lors de l’audit.

6. Conseils pour mettre en œuvre l'indicateur 28 Qualiopi

La mise en conformité avec l'indicateur 28 repose sur une démarche structurée. Voici les étapes opérationnelles recommandées par les certificateurs habilités.

1. Cartographier les compétences attendues. Pour chaque métier mobilisé (formateur AF, accompagnateur VAE, consultant BC, formateur CFA), définir un référentiel de compétences pédagogiques, techniques et numériques. Un tableau simple suffit, à condition qu'il soit daté et signé.

2. Formaliser un plan annuel de développement. Le plan doit indiquer, pour chaque intervenant : compétences à renforcer, modalités prévues, échéances, budget éventuel. Il peut être collectif pour un petit OF, ou individualisé au-delà de 5 à 10 formateurs réguliers.

3. Tenir un dossier individuel par formateur. CV à jour, attestations de formation, observations pédagogiques, comptes-rendus d'entretien, journal de veille. Ce dossier est la première chose demandée par l'auditeur. Un format numérique partagé (drive, GED) facilite la mise à jour.

4. Inclure les sous-traitants et formateurs occasionnels. C'est l'angle mort le plus fréquent. La convention de sous-traitance doit prévoir la transmission des justificatifs de compétences et de leur maintien. Un mini-dossier sous-traitant (CV, attestations clés) est attendu pour chaque intervenant régulier.

5. Tracer les actions courtes. Une demi-journée de formation interne, un webinaire d'une heure, la lecture d'un ouvrage professionnel sont valides s'ils sont tracés. Un tableau de suivi simple par formateur (date, sujet, durée, source) suffit.

6. Auditer son dispositif en interne. Une revue annuelle, idéalement croisée avec un pair externe, prépare efficacement l'audit de surveillance ou de renouvellement. Selon les certificateurs, l'indicateur 28 figure parmi les indicateurs régulièrement à l'origine de non-conformités mineures pour défaut de traçabilité.

Pour gagner du temps sur cette partie, un kit documentaire Qualiopi fournit l’ensemble des trames attendues par l’auditeur.

FAQ

Qu'est-ce que l'indicateur 28 Qualiopi ?

L'indicateur 28 du Référentiel National Qualité (RNQ), inscrit au Critère 6, exige que le prestataire entretienne et développe les compétences de ses salariés et intervenants en lien avec les prestations délivrées. Il est commun à toutes les catégories (AF, BC, VAE, CFA), avec un niveau d'attente renforcé pour les CFA. L'auditeur attend un processus structuré et tracé, sans seuil chiffré imposé.

Pourquoi est-il important de développer les compétences des formateurs ?

Le maintien des compétences pédagogiques et techniques des formateurs conditionne la qualité réelle des prestations. Sans actualisation, les écarts s'accumulent sur l'adaptation aux publics, la pertinence des contenus et la satisfaction des bénéficiaires, ce qui fragilise plusieurs indicateurs du RNQ. Au-delà de Qualiopi, c'est aussi un facteur de fidélisation des intervenants et d'élargissement du catalogue.

Quelles sont les méthodes acceptées pour développer les compétences ?

Le RNQ n'impose pas de méthode unique. Sont admises la formation continue formalisée, l'autoformation tracée, la veille professionnelle, le co-développement entre pairs, le tutorat, l'AFEST interne, la participation à des colloques et la formation à des outils. L'essentiel est la diversité et la documentation des actions menées, pas leur volume horaire.

Comment évaluer les compétences des formateurs ?

Les outils combinables sont l'entretien professionnel (obligatoire tous les deux ans, art. L6315-1 du code du travail), l'analyse des évaluations à chaud et à froid des stagiaires, l'observation pédagogique avec grille standardisée, et l'auto-évaluation via un référentiel de compétences. Chaque évaluation doit déboucher sur une décision : formation, accompagnement ou réaffectation.

Quel est le lien entre l'indicateur 28 et le RNQ ?

L'indicateur 28 fait partie des 32 indicateurs du RNQ et relève du Critère 6, qui porte sur l'investissement du prestataire dans son environnement professionnel. Il interagit notamment avec les indicateurs 1 (information sur les prestations), 11 à 13 (adaptation des prestations), 22 (veille légale) et 30 (appréciations des bénéficiaires). La cohérence inter-indicateurs est un critère apprécié par les auditeurs accrédités COFRAC.

Comment mettre en œuvre concrètement l'indicateur 28 ?

La démarche recommandée comporte six étapes : cartographier les compétences attendues, formaliser un plan annuel de développement, tenir un dossier individuel par formateur, intégrer les sous-traitants au dispositif, tracer même les actions courtes (webinaires, lectures, AFEST), et réaliser une revue annuelle interne. La formalisation écrite est le point le plus souvent défaillant lors des audits.

Les formateurs sous-traitants sont-ils concernés par l'indicateur 28 ?

Oui. Tout intervenant régulier mobilisé sur les prestations entre dans le périmètre, qu'il soit salarié, formateur occasionnel ou sous-traitant. La convention de sous-traitance doit prévoir la transmission de justificatifs de compétences et de leur actualisation. C'est l'un des points de vigilance les plus fréquents relevés en audit Qualiopi.

Quels documents préparer pour l'audit sur l'indicateur 28 ?

L'auditeur demande généralement : la politique RH ou plan de développement des compétences, les CV à jour des formateurs, les attestations de formation suivies, les comptes-rendus d'entretien professionnel, les grilles d'observation pédagogique, le journal de veille, et les éléments contractuels relatifs aux sous-traitants. Un échantillon de 2 à 4 formateurs est habituellement examiné.

Quels sont les avantages de bien traiter l'indicateur 28 ?

Au-delà de la conformité Qualiopi, un dispositif solide de développement des compétences améliore la qualité des prestations, sécurise la satisfaction des bénéficiaires, facilite l'évolution du catalogue, et réduit les risques de non-conformités sur les indicateurs corrélés (1, 11, 12, 30). C'est également un argument différenciant auprès des financeurs et des entreprises clientes.

Y a-t-il un volume horaire minimum de formation à respecter ?

Non. Le RNQ n'impose aucun seuil horaire ni budgétaire pour l'indicateur 28. Selon le Guide de lecture du ministère du Travail, l'auditeur évalue la cohérence entre les besoins identifiés, les actions menées et leur impact sur la qualité. Un dispositif modeste mais tracé et adapté à la taille de l'organisme est jugé conforme.

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