Qualiodocs Commander

Sous-traitants et certification Qualiopi : comprendre les exigences

Découvrez si les sous-traitants doivent être certifiés Qualiopi et quelles sont les implications pour les organismes de formation

Par Mohamed MeguedmiMis à jour le 17/08/2026

L'essentiel

  • Un sous-traitant n'a pas besoin d'être lui-même certifié Qualiopi tant qu'il ne perçoit pas directement de fonds publics ou mutualisés : c'est l'organisme donneur d'ordre certifié qui porte la responsabilité de la prestation.
  • L'indicateur 27 du Référentiel National Qualité (RNQ) impose à l'organisme certifié de maîtriser ses prestataires et sous-traitants, en s'assurant du respect des exigences qualité.
  • Le cadre repose sur le décret 2019-565 et l'article L.6316-1 du code du travail : l'obligation de certification s'applique à l'organisme qui contractualise et facture la prestation financée.
  • Faire certifier un sous-traitant reste facultatif mais peut simplifier le pilotage, sécuriser les audits et ouvrir l'accès direct aux financements pour l'organisme concerné.

1. Introduction à la certification Qualiopi pour les sous-traitants

La certification Qualiopi atteste de la qualité du processus mis en œuvre par les prestataires d'actions concourant au développement des compétences (formation, bilan de compétences, VAE, apprentissage). Elle est obligatoire depuis le 1er janvier 2022 pour tout organisme souhaitant accéder aux fonds publics ou mutualisés : OPCO, CPF, France Travail, Régions, État. Cette obligation découle du décret n° 2019-565 du 6 juin 2019 et de l'article L.6316-1 du code du travail.

La sous-traitance est courante dans le secteur : un organisme certifié confie tout ou partie d'une prestation à un formateur indépendant, à un cabinet spécialisé ou à un autre organisme. Se pose alors une question récurrente lors des audits : le sous-traitant doit-il lui aussi être certifié Qualiopi ?

La réponse tient dans une distinction simple. Qualiopi certifie l'entité qui contractualise et facture la prestation financée par des fonds publics ou mutualisés. Le sous-traitant, lui, intervient pour le compte de l'organisme donneur d'ordre et n'entre pas directement en relation avec le financeur. Dans ce cas, il n'a pas à détenir sa propre certification. En revanche, l'organisme certifié reste pleinement responsable de la qualité de ce qui est délivré en son nom, ce que le Référentiel National Qualité (RNQ) et ses 32 indicateurs encadrent explicitement.

2. Exigences réglementaires pour les sous-traitants

Le cœur du sujet se trouve dans l'indicateur 27 du RNQ, dédié à la sous-traitance et au portage salarial. Cet indicateur exige que « lorsque le prestataire fait appel à la sous-traitance ou au portage salarial, il s'assure du respect de la conformité au présent référentiel ». Autrement dit, la réglementation ne demande pas au sous-traitant d'être certifié, mais elle demande à l'organisme certifié de garantir que le sous-traitant applique bien les exigences de qualité attendues.

Beaucoup d’organismes s’appuient sur des documents types pour l’audit Qualiopi afin d’arriver sereins le jour J.

Concrètement, l'organisme donneur d'ordre doit être en mesure de démontrer, lors de son audit :

  • l'existence d'un contrat ou d'une convention de sous-traitance formalisant la relation ;
  • la communication des exigences qualité au sous-traitant (référentiel, procédures, obligations d'information) ;
  • le suivi et l'évaluation des prestations sous-traitées (retours des bénéficiaires, contrôle des supports, vérification des compétences intervenues) ;
  • la traçabilité documentaire permettant de prouver cette maîtrise.

Il faut souligner une limite importante : si le sous-traitant perçoit directement des fonds publics ou mutualisés, il bascule dans le champ de l'obligation et doit alors détenir sa propre certification Qualiopi. La certification suit le flux financier : celui qui reçoit le financement public doit être certifié. Pour approfondir la logique d'ensemble, vous pouvez consulter notre article dédié aux 32 indicateurs de la certification Qualiopi.

3. Implications pour les organismes de formation

Pour l'organisme donneur d'ordre, la sous-traitance transfère l'exécution mais pas la responsabilité. Aux yeux du financeur et de l'auditeur, c'est l'organisme certifié qui répond de la qualité de la prestation, quelle que soit l'identité de la personne qui a effectivement animé la formation.

Cette responsabilité implique plusieurs obligations pratiques. L'organisme doit intégrer la maîtrise de ses sous-traitants dans son système qualité : sélection des prestataires, cadrage contractuel, transmission des exigences, suivi. Un défaut sur l'indicateur 27 peut constituer une non-conformité lors de l'audit de surveillance ou de renouvellement, avec un risque de suspension ou de retrait de la certification en cas de non-conformité majeure non levée dans les délais.

Ce sujet est traité en détail dans « Sous-traitance et Qualiopi 2026 : règles, obligations et bonnes pratiques ».

Le suivi ne se limite pas au formalisme contractuel. L'organisme doit pouvoir prouver qu'il évalue réellement ce que délivrent ses sous-traitants : recueil de la satisfaction des bénéficiaires, vérification que les intervenants disposent des qualifications et de l'expérience requises (indicateur 21), cohérence des supports pédagogiques avec les objectifs annoncés. Ces liens avec d'autres indicateurs rappellent que la sous-traitance n'est pas un sujet isolé mais s'inscrit dans l'ensemble des 7 critères de la certification Qualiopi.

Enfin, l'organisme reste tenu aux obligations d'information du public et de transparence : le recours à la sous-traitance ne doit pas créer de confusion sur l'identité du prestataire responsable ni sur les conditions de réalisation de la prestation.

En complément, l’article « Indicateur 27 Qualiopi : Comprendre les conditions de la sous-traitance » apporte des exemples concrets.

4. Processus de certification pour les sous-traitants

Un sous-traitant qui choisit de se faire certifier — parce qu'il perçoit directement des fonds ou par choix stratégique — suit le même parcours que tout organisme candidat à Qualiopi. Il n'existe pas de procédure allégée spécifique aux sous-traitants.

Les grandes étapes sont les suivantes :

  1. Choix d'un certificateur accrédité par le COFRAC (ou autorisé par France Compétences) parmi la liste officielle des organismes certificateurs.
  2. Préparation documentaire : constitution des preuves attendues pour chacun des 32 indicateurs applicables à la ou aux catégories d'actions exercées (AF, BC, VAE, CFA).
  3. Audit initial sur site ou à distance, au cours duquel l'auditeur vérifie la conformité au RNQ.
  4. Traitement des non-conformités éventuelles, avec délai de mise en conformité selon leur gravité.
  5. Délivrance du certificat, valable en général pour un cycle avec un audit de surveillance intermédiaire, puis un audit de renouvellement.

Côté documents, le sous-traitant candidat doit rassembler les mêmes types de preuves qu'un organisme classique : conditions générales, programmes détaillés, procédures d'accueil et de suivi, modalités d'évaluation, gestion des réclamations, veille réglementaire, suivi des compétences des intervenants. Le nombre et la nature des indicateurs contrôlés dépendent des catégories d'actions et du statut de l'organisme (par exemple, les indicateurs spécifiques à l'apprentissage pour un CFA).

Pour structurer ce travail documentaire, un pack documentaire Qualiopi rassemble les modèles correspondant à chaque indicateur.

5. Avantages de la certification Qualiopi pour les sous-traitants

Même lorsqu'elle n'est pas obligatoire, la certification peut présenter un intérêt pour un sous-traitant régulier. Le premier bénéfice est l'accès direct aux financements : un sous-traitant certifié peut contractualiser lui-même avec les OPCO, mobiliser le CPF ou répondre à des marchés, sans passer par un organisme donneur d'ordre.

Pour aller plus loin, voir « La sous-traitance dans Qualiopi : comprendre les exigences ».

Les autres avantages fréquemment cités :

  • Structuration interne : la démarche impose de formaliser des procédures, d'organiser la traçabilité et de professionnaliser le pilotage de l'activité.
  • Confiance renforcée : pour un donneur d'ordre, travailler avec un sous-traitant déjà certifié simplifie la démonstration de conformité sur l'indicateur 27 et réduit sa charge de contrôle.
  • Positionnement commercial : la certification constitue un signal de qualité vis-à-vis des clients et des partenaires.
  • Réduction des frictions d'audit : la relation contractuelle s'appuie sur un cadre qualité partagé et documenté.

Ces avantages sont à mettre en balance avec le coût et la charge de la démarche (préparation, audit, maintien dans le temps). Le choix relève d'une décision stratégique propre à chaque structure, en fonction du volume d'activité, de la part réalisée en propre et de la volonté d'accéder directement aux financements. Cette page ne délivre aucun conseil individualisé : chaque situation doit être appréciée au regard des textes en vigueur et, si besoin, avec l'appui d'un certificateur.

Pour approfondir ce point, consultez notre guide « Auto-école et Qualiopi : guide de certification pour les écoles de conduite ».

6. Conclusion et recommandations

À retenir : un sous-traitant n'a pas à être certifié Qualiopi tant qu'il n'encaisse pas directement de fonds publics ou mutualisés. La certification suit le flux financier et vise l'organisme qui contractualise et facture la prestation financée. En revanche, l'organisme certifié conserve l'entière responsabilité de la qualité délivrée en son nom, conformément à l'indicateur 27 du RNQ.

Recommandations pratiques pour les organismes donneurs d'ordre :

  • Formaliser systématiquement un contrat de sous-traitance transmettant les exigences du RNQ.
  • Mettre en place un suivi documenté des prestations sous-traitées (satisfaction, compétences des intervenants, conformité des supports).
  • Vérifier si le sous-traitant perçoit directement des fonds : dans ce cas, sa propre certification devient obligatoire.
  • Intégrer la maîtrise des sous-traitants au système qualité pour sécuriser les audits de surveillance et de renouvellement.

Pour les sous-traitants réguliers, la certification volontaire peut ouvrir l'accès direct aux financements et structurer l'activité, mais elle représente une charge à évaluer au cas par cas. En cas de doute sur l'interprétation des textes, référez-vous aux sources officielles (France Compétences, décret 2019-565, JO du ministère du Travail) ou rapprochez-vous d'un organisme certificateur accrédité COFRAC.

FAQ

Un sous-traitant doit-il être certifié Qualiopi ?

Non, pas dans le cas général. Tant que le sous-traitant intervient pour le compte d'un organisme certifié et ne perçoit pas directement de fonds publics ou mutualisés, il n'a pas à détenir sa propre certification. C'est l'organisme donneur d'ordre, qui contractualise et facture, qui doit être certifié et qui reste responsable de la qualité.

Quel indicateur du RNQ traite de la sous-traitance ?

C'est l'indicateur 27 du Référentiel National Qualité, consacré à la sous-traitance et au portage salarial. Il impose à l'organisme certifié de s'assurer que ses sous-traitants respectent la conformité au référentiel. L'organisme doit pouvoir en apporter la preuve lors de son audit.

Quand un sous-traitant doit-il obligatoirement être certifié ?

Lorsqu'il perçoit directement des fonds publics ou mutualisés (OPCO, CPF, France Travail, Régions, État). Dès qu'il entre en relation directe avec le financeur et facture la prestation financée, il entre dans le champ de l'obligation prévue par le décret 2019-565 et l'article L.6316-1 du code du travail, et doit obtenir sa propre certification.

Qui est responsable de la qualité en cas de sous-traitance ?

L'organisme certifié donneur d'ordre. La sous-traitance transfère l'exécution de la prestation, mais pas la responsabilité vis-à-vis du financeur et de l'auditeur. L'organisme doit démontrer qu'il maîtrise, suit et évalue les prestations réalisées en son nom par ses sous-traitants.

Quels documents prouver la maîtrise d'un sous-traitant lors de l'audit ?

Un contrat ou une convention de sous-traitance, la preuve de la transmission des exigences qualité au sous-traitant, et les éléments de suivi et d'évaluation des prestations (satisfaction des bénéficiaires, vérification des compétences des intervenants, contrôle des supports). L'ensemble doit être tracé et démontrable.

Comment un sous-traitant obtient-il la certification Qualiopi ?

Il suit le même parcours que tout organisme : choix d'un certificateur accrédité COFRAC, préparation des preuves pour les indicateurs applicables, audit initial, traitement des éventuelles non-conformités, puis délivrance du certificat avec audits de surveillance et de renouvellement. Il n'existe pas de procédure allégée spécifique aux sous-traitants.

Quels sont les avantages pour un sous-traitant de se faire certifier ?

La certification permet un accès direct aux financements, structure l'activité par la formalisation des procédures, renforce la confiance des donneurs d'ordre et constitue un atout commercial. Ces bénéfices sont à mettre en balance avec le coût et la charge de la démarche, à apprécier selon la situation de chaque structure.

Que risque un organisme qui ne maîtrise pas ses sous-traitants ?

Un défaut sur l'indicateur 27 peut être relevé comme non-conformité lors de l'audit de surveillance ou de renouvellement. Selon sa gravité et l'absence de correction dans les délais, cela peut conduire à une suspension ou à un retrait de la certification, avec pour conséquence la perte d'accès aux financements publics et mutualisés.

Où trouver les textes officiels de référence sur ce sujet ?

Les sources principales sont le décret n° 2019-565 du 6 juin 2019, l'article L.6316-1 du code du travail, le Référentiel National Qualité publié au Journal officiel du ministère du Travail, ainsi que les ressources de France Compétences et la liste des certificateurs accrédités par le COFRAC. Ce sont les références à consulter en cas de doute d'interprétation.

Préparez votre audit Qualiopi sereinement

170 documents professionnels conformes RNQ 2026. Tout est prêt, vous n'avez plus qu'à personnaliser.


Obtenir le kit — 299€ →

Certifié ou remboursé • Livraison immédiate