Qualiodocs Commander

Indicateur 13 Qualiopi : Présentation des prestations

Découvrez comment présenter vos prestations de formation de manière cohérente avec les attentes du public visé pour répondre à l'indicateur 13 Qualiopi

1. Comprendre l'indicateur 13 Qualiopi

L'indicateur 13 figure parmi les 32 indicateurs du Référentiel National Qualité (RNQ) annexé au décret n° 2019-565 du 6 juin 2019. Il s'inscrit dans le critère 3 du référentiel, qui porte sur l'adaptation aux publics bénéficiaires des prestations et aux personnels chargés de les mettre en œuvre. Sa formulation officielle, publiée par le ministère du Travail, demande au prestataire de « décrire et mettre en œuvre les mesures pour favoriser l'engagement des bénéficiaires et prévenir les ruptures de parcours ».

Concrètement, l'auditeur Qualiopi mandaté par un organisme certificateur accrédité par le COFRAC vérifie la cohérence entre la présentation des prestations affichée par l'organisme et les attentes réelles du public visé. L'objectif n'est pas seulement déclaratif : il s'agit de démontrer, preuves à l'appui, que la communication sur l'offre de formation reflète la réalité pédagogique et logistique de la prestation.

Les critères d'évaluation mobilisés par l'auditeur portent essentiellement sur :

  • la clarté des informations diffusées aux bénéficiaires avant l'entrée en formation ;
  • l'existence de dispositifs concrets favorisant l'assiduité et l'engagement ;
  • la traçabilité des actions de prévention des abandons ou ruptures.

L'indicateur 13 s'applique aux quatre catégories d'actions concernées par Qualiopi : actions de formation (AF), bilans de compétences (BC), actions permettant de faire valider les acquis de l'expérience (VAE) et actions de formation par apprentissage (CFA). Selon la catégorie, des spécificités s'appliquent — par exemple, les CFA doivent intégrer des éléments propres à la vie d'apprenti et à la coordination avec l'employeur.

2. Présentation des prestations de formation

La présentation des prestations constitue la première interface entre l'organisme et son public. Pour l'indicateur 13, elle doit être claire, lisible et adaptée aux profils ciblés. Le ministère du Travail, via le Guide de lecture du référentiel publié par France Compétences, insiste sur la nécessité que cette présentation décrive de manière précise les conditions concrètes de déroulement.

Trois axes structurent une présentation conforme :

  • Les objectifs pédagogiques : ils doivent être formulés en termes opérationnels (savoirs, savoir-faire, savoir-être visés). Une formulation floue type « initiation à » ne suffit plus. L'indicateur 1 impose déjà la communication d'informations détaillées ; l'indicateur 13 prolonge cette logique en exigeant la cohérence avec le public ciblé.
  • Les méthodes d'enseignement : présentiel, distanciel, hybride (FOAD), AFEST. Chaque modalité doit être décrite avec son scénario pédagogique. Si la formation prévoit du e-learning asynchrone, les conditions d'accès, le tutorat et l'accompagnement doivent être précisés.
  • Les ressources disponibles : matériel pédagogique, plateformes LMS, ressources documentaires, équipements techniques, profils des formateurs. Ces éléments rejoignent l'indicateur 19 (moyens humains et techniques).

La présentation doit également faire apparaître les dispositifs d'engagement et de prévention des ruptures : suivi individualisé, points d'étape, modalités de remédiation, mécanisme d'alerte en cas d'absence. C'est ici que se joue la spécificité de l'indicateur 13 par rapport aux indicateurs 1 et 2 : il ne suffit pas de décrire la prestation, il faut décrire les leviers d'engagement.

Pour structurer cette présentation, beaucoup d'organismes utilisent un programme détaillé, un livret d'accueil et une fiche produit diffusée sur leur site ou catalogue. Ces trois supports peuvent constituer le socle des preuves attendues lors de l'audit.

3. Attentes du public visé

L'indicateur 13 repose sur une notion clé : la cohérence présentation/public. L'auditeur cherche à vérifier que l'organisme connaît son public et adapte sa communication en conséquence. Selon INFFO Formation, la qualification du public visé constitue l'un des points les plus régulièrement audités lors des renouvellements de certification.

Trois dimensions structurent l'analyse du public :

  • Les besoins des apprenants : besoins de compétences professionnelles, besoins de reconversion, besoins liés à une évolution réglementaire (CACES, habilitations électriques, etc.). Ces besoins doivent être identifiés en amont, par exemple via un entretien de positionnement ou un questionnaire préalable.
  • Les attentes des apprenants : modalités souhaitées (horaires, format, durée), niveau d'accompagnement attendu, finalités personnelles (employabilité, mobilité interne, certification). Les attentes diffèrent fortement entre un salarié en CPF, un demandeur d'emploi en AIF, un apprenti et un cadre en formation continue.
  • Les niveaux de compétence : prérequis indispensables, prérequis recommandés, niveau visé en sortie. La cartographie doit être suffisamment fine pour éviter les inscriptions inadaptées — sources fréquentes de rupture de parcours.

L'organisme doit pouvoir démontrer comment il a recueilli et analysé ces éléments. Les outils mobilisables : tests de positionnement, entretiens préalables, analyse de la demande du financeur (OPCO, France Travail, employeur), retours d'expérience d'anciennes promotions. La traçabilité de ce travail d'analyse est essentielle : un document interne décrivant le profil cible, ses besoins et les adaptations pédagogiques mises en place est un livrable régulièrement demandé.

L'enjeu : éviter le décalage entre une promesse marketing standardisée et une réalité opérationnelle hétérogène. Pour approfondir la question du référentiel et de ses indicateurs interconnectés, vous pouvez consulter notre article En savoir plus sur le Référentiel National Qualité (RNQ).

4. Le Référentiel National Qualité (RNQ) et Qualiopi

Le Référentiel National Qualité, défini par le décret n° 2019-565 du 6 juin 2019 et son arrêté d'application du 6 juin 2019 (publiés au Journal officiel), constitue le socle normatif de la certification Qualiopi. Il s'impose, depuis le 1er janvier 2022, à tout prestataire d'actions concourant au développement des compétences souhaitant accéder aux fonds publics et mutualisés (CPF, OPCO, France Travail, État, Régions).

Le RNQ s'organise en 7 critères et 32 indicateurs. Les critères couvrent :

  1. l'information du public sur les prestations ;
  2. la conception des prestations ;
  3. l'adaptation aux publics bénéficiaires ;
  4. l'adéquation des moyens pédagogiques, techniques et d'encadrement ;
  5. la qualification et le développement des connaissances des personnels ;
  6. l'inscription et l'investissement du prestataire dans son environnement professionnel ;
  7. le recueil et la prise en compte des appréciations et réclamations.

L'indicateur 13 relève du critère 3. Il s'articule étroitement avec d'autres indicateurs : l'indicateur 11 (analyse des besoins du bénéficiaire), l'indicateur 12 (adaptation des prestations) et l'indicateur 14 (accompagnement et suivi). Cette logique en grappe est volontaire : l'auditeur peut chercher la cohérence entre ces indicateurs pour valider la sincérité du dispositif.

Les critères d'évaluation Qualiopi appliqués à l'indicateur 13 sont les éléments de preuve. Le Guide de lecture précise qu'il s'agit, par exemple, de modalités de suivi, de procédures d'identification des risques de rupture, de dispositifs spécifiques (mentorat, ateliers de remobilisation). L'audit, qu'il s'agisse de l'audit initial, de surveillance ou de renouvellement, repose sur l'examen documentaire et l'entretien avec les équipes pédagogiques.

Selon France Compétences, le RNQ a vocation à évoluer. Des ajustements techniques au Guide de lecture ont déjà été opérés depuis 2020. Les organismes ont intérêt à suivre la documentation officielle pour ajuster leur dispositif au fil du temps.

5. Mise en œuvre de l'indicateur 13 Qualiopi

La mise en œuvre opérationnelle de l'indicateur 13 se construit en trois temps : analyse, formalisation, évaluation.

1. Analyse des besoins et des attentes. L'organisme doit disposer d'une procédure documentée d'analyse du public visé. Cette procédure décrit comment, pour chaque action ou famille d'actions, l'organisme identifie les caractéristiques du public, les besoins en compétences et les facteurs de risque de rupture (mobilité, contraintes professionnelles, fracture numérique, etc.). Les sources peuvent être internes (retours qualité, enquêtes) ou externes (données France Travail, observatoires de branche, études France Compétences).

2. Développement d'une présentation des prestations adaptée. Sur la base de cette analyse, l'organisme construit ou met à jour ses supports de communication : programme, fiche produit, livret d'accueil, conditions générales de vente, page web descriptive. Chaque support doit refléter la même information de façon cohérente. La présence systématique des éléments suivants est recommandée :

  • public concerné et prérequis ;
  • objectifs opérationnels ;
  • modalités pédagogiques détaillées ;
  • durée et rythme ;
  • modalités d'évaluation ;
  • tarifs et financements possibles (indicateur 1) ;
  • accessibilité aux personnes en situation de handicap (indicateur 26) ;
  • dispositifs d'engagement et de prévention des ruptures — cœur de l'indicateur 13.

3. Évaluation de la qualité du dispositif. L'organisme doit pouvoir produire des preuves d'efficacité : taux d'assiduité, taux d'abandon, taux de réalisation, retours qualitatifs. Ces données alimentent l'amélioration continue (critère 7) et nourrissent la revue de processus annuelle. Une bonne pratique : tenir un tableau de bord par action consolidant ces indicateurs.

Côté preuves, l'auditeur attend généralement : la procédure d'analyse du public, les supports de présentation, le programme de formation signé, les comptes rendus de positionnement, les attestations de suivi, et les dispositifs spécifiques de prévention des abandons (charte d'engagement, points réguliers, alerte absentéisme). Pour aller plus loin sur la construction documentaire, consultez Découvrez comment développer une présentation des prestations de formation qui répond aux critères d'évaluation de Qualiopi.

6. Exemples de présentation des prestations

Les attendus de l'indicateur 13 se déclinent différemment selon la catégorie d'action et le profil du public. Voici quelques illustrations qui permettent de visualiser la cohérence présentation/public.

Cas 1 — Action de formation continue pour salariés en présentiel. Une formation de deux jours sur la prévention des risques psychosociaux destinée à des managers. La présentation précise : public (managers d'équipe ≥ 3 personnes), prérequis (aucun), objectifs opérationnels (identifier les RPS, conduire un entretien d'alerte), méthodes (apports théoriques, études de cas, mises en situation), dispositifs d'engagement (questionnaire préalable, plan d'action individuel en clôture, point téléphonique à 30 jours). Le dispositif de prévention des ruptures est ici léger (durée courte), mais la mention du suivi post-formation valorise l'engagement.

Cas 2 — Bilan de compétences (BC). La présentation décrit les trois phases réglementaires (préliminaire, investigation, conclusion), la durée (jusqu'à 24 heures selon le code du travail), la confidentialité, le profil du consultant et les modalités de prise de rendez-vous. Côté indicateur 13 : engagement du bénéficiaire formalisé dès la phase préliminaire, espace de travail dédié, rappels intermédiaires, possibilité de réajuster le rythme.

Cas 3 — Action de formation par apprentissage (CFA). Public jeune (16-29 ans), rythme alterné, contrat de travail. La présentation inclut le calendrier d'alternance, le règlement intérieur, la médiation de l'apprentissage, l'accompagnement socioprofessionnel. Les dispositifs de prévention des ruptures sont ici centraux : entretien tripartite (apprenti / employeur / CFA) dans les premières semaines, médiateur consulaire, soutien en cas de rupture de contrat.

Cas 4 — Action de VAE. Spécificités : public souvent à distance du système formatif, dossier exigeant, jury final. La présentation détaille les étapes (recevabilité, accompagnement, jury), le volume d'heures d'accompagnement, les modalités de soutien à la rédaction et à la préparation du jury. Le dispositif anti-rupture mobilise un référent dédié, des points réguliers, et parfois des ateliers collectifs.

Dans chacun de ces cas, la spécificité du public conditionne la présentation. Un copier-coller standardisé entre catégories d'actions est un signal d'alerte fréquent pour l'auditeur.

FAQ

Qu'est-ce que l'indicateur 13 Qualiopi ?

L'indicateur 13 fait partie du critère 3 du Référentiel National Qualité défini par le décret n° 2019-565. Il demande au prestataire de décrire et de mettre en œuvre les mesures favorisant l'engagement des bénéficiaires et la prévention des ruptures de parcours. L'auditeur vérifie la cohérence entre la présentation des prestations et les attentes du public visé.

Comment présenter les prestations pour répondre à l'indicateur 13 ?

Une présentation conforme intègre les objectifs opérationnels, les méthodes pédagogiques, les ressources mobilisées, le public ciblé, les prérequis, ainsi que les dispositifs concrets d'engagement et de prévention des abandons. Les supports concernés sont typiquement le programme de formation, la fiche produit, le livret d'accueil et la page descriptive du site internet de l'organisme.

Quels sont les critères d'évaluation de l'indicateur 13 ?

Selon le Guide de lecture publié par le ministère du Travail, l'auditeur examine les éléments de preuve relatifs à l'identification du public, aux modalités d'engagement, aux dispositifs de suivi, et aux mécanismes de prévention des ruptures. La cohérence entre les supports de communication et la réalité opérationnelle de la prestation constitue un point d'attention central.

Comment prendre en compte les attentes du public visé ?

L'organisme mobilise plusieurs leviers : analyse de la demande des financeurs, tests de positionnement, entretiens préalables, questionnaires d'attentes, exploitation des retours d'expérience des promotions précédentes. Cette analyse doit être tracée dans un document interne afin de justifier les choix pédagogiques et organisationnels lors de l'audit Qualiopi.

Qu'est-ce que le Référentiel National Qualité (RNQ) ?

Le RNQ est le référentiel défini par le décret n° 2019-565 du 6 juin 2019 et son arrêté d'application. Il structure la certification Qualiopi autour de 7 critères et 32 indicateurs. Il s'impose à tout prestataire d'actions concourant au développement des compétences souhaitant accéder aux fonds publics et mutualisés depuis le 1er janvier 2022.

Quels indicateurs sont liés à l'indicateur 13 ?

L'indicateur 13 s'articule avec l'indicateur 1 (information du public), l'indicateur 11 (analyse des besoins), l'indicateur 12 (adaptation des prestations) et l'indicateur 14 (accompagnement et suivi). L'auditeur recherche une cohérence d'ensemble entre ces indicateurs pour valider la sincérité et l'efficacité du dispositif présenté par l'organisme.

Comment développer une présentation conforme aux critères Qualiopi ?

Construire une présentation conforme suppose d'aligner objectifs pédagogiques, méthodes, ressources, public et dispositifs d'engagement. Le travail s'appuie sur une analyse documentée du public, des supports homogènes (programme, fiche, livret), et des indicateurs de suivi (assiduité, abandon, satisfaction). La revue régulière de ces supports permet de maintenir la conformité dans le temps.

Où trouver des exemples de présentation conformes à l'indicateur 13 ?

Plusieurs sources existent : les publications de France Compétences, les ressources d'INFFO Formation (Centre Inffo), les guides diffusés par certains organismes certificateurs accrédités par le COFRAC, ainsi que les catalogues d'organismes certifiés que l'on peut consulter publiquement. La logique reste d'adapter ces exemples aux spécificités du public et de l'action.

L'indicateur 13 s'applique-t-il de la même façon aux AF, BC, VAE et CFA ?

Non. Le Guide de lecture précise des attendus spécifiques par catégorie d'action. Les CFA, par exemple, doivent intégrer la dimension d'alternance, la médiation et l'accompagnement socioprofessionnel. Les actions de VAE mobilisent un référent et un accompagnement à la rédaction du dossier. Les bilans de compétences suivent un cadre réglementaire propre fixé par le code du travail.

Quelles preuves apporter lors de l'audit pour l'indicateur 13 ?

Les preuves attendues incluent généralement : la procédure d'analyse du public, les supports de présentation des prestations, les comptes rendus de positionnement, le dispositif de suivi de l'assiduité, les modalités d'alerte en cas d'absence, et les retours d'expérience exploités en amélioration continue. La traçabilité documentaire et la cohérence transversale sont déterminantes pour l'auditeur.

Préparez votre audit Qualiopi sereinement

170 documents professionnels conformes RNQ 2026. Tout est prêt, vous n'avez plus qu'à personnaliser.


Obtenir le kit — 299€ →

Certifié ou remboursé • Livraison immédiate