Indicateur 31 Qualiopi : Recueil et analyse des données de qualité
Découvrez comment recueillir et analyser les données de qualité des prestations pour répondre aux exigences de l'indicateur 31 Qualiopi et maintenir votre certification.
L'essentiel
- L'indicateur 31 du Référentiel National Qualité impose à tout organisme certifié Qualiopi de recueillir et d'analyser des appréciations sur ses prestations auprès de quatre parties prenantes : bénéficiaires, financeurs, entreprises et formateurs.
- La preuve attendue par l'auditeur Qualiopi combine deux volets : un dispositif structuré de collecte (questionnaires, taux de retour, fréquence) et une trace écrite d'analyse débouchant sur des décisions correctives.
- L'absence d'analyse formalisée — et non l'absence de collecte — constitue la non-conformité la plus fréquemment relevée sur l'indicateur 31 lors des audits de surveillance.
- L'indicateur 31 alimente directement l'indicateur 32 (traitement des réclamations) et l'indicateur 30 (amélioration continue) : ces trois indicateurs forment le noyau qualité du référentiel.
1. Comprendre l'indicateur 31 Qualiopi
L'indicateur 31 figure dans le critère 7 du Référentiel National Qualité (RNQ) annexé au décret n°2019-565 du 6 juin 2019 et précisé par l'arrêté du 6 juin 2019. Ce critère couvre le recueil et la prise en compte des appréciations et réclamations des parties prenantes. L'indicateur 31, plus spécifiquement, impose au prestataire d'apporter la preuve qu'il recueille les appréciations des bénéficiaires, des financeurs, des entreprises concernées et des formateurs (internes ou externes) sur l'atteinte des objectifs.
Le libellé officiel publié par le ministère du Travail formule l'attendu ainsi : « Le prestataire recueille les appréciations des parties prenantes : bénéficiaires, financeurs, équipes pédagogiques et entreprises concernées. » Le champ d'application varie selon la catégorie d'action : actions de formation (AF), bilans de compétences (BC), validation des acquis de l'expérience (VAE) et apprentissage (CFA). Les apprentis, leurs représentants légaux et les maîtres d'apprentissage entrent dans le périmètre pour les CFA.
L'objectif réglementaire est double. D'une part, vérifier que l'organisme dispose d'une boucle d'écoute structurée. D'autre part, s'assurer que cette écoute alimente une démarche d'amélioration continue, en lien direct avec l'indicateur 32 (réclamations) et l'indicateur 30 (recueil des appréciations des bénéficiaires sur l'atteinte des objectifs). Selon France Compétences, la cohérence entre ces indicateurs est l'un des points les plus scrutés par les organismes certificateurs accrédités COFRAC.
Le niveau attendu n'est pas le même pour un organisme mono-prestation ou multi-sites. Les auditeurs évaluent la proportionnalité du dispositif : un organisme formant 50 stagiaires par an n'aura pas le même dispositif qu'un OF traitant 5 000 apprenants. Pour un cadrage général, consultez notre dossier Comprendre le Référentiel National Qualité.
2. Méthodologie de recueil et d'analyse des données
La méthodologie attendue repose sur trois piliers documentables : la définition du périmètre, le protocole de collecte et le traitement analytique. Chacun doit laisser une trace écrite mobilisable en audit.
Les données à collecter relèvent de quatre familles selon le Guide de lecture du référentiel publié par le ministère du Travail :
- Appréciations qualitatives : satisfaction sur l'organisation, les contenus, les modalités pédagogiques, l'animation, la logistique.
- Indicateurs quantitatifs de résultats : taux de réussite, taux d'obtention des certifications, taux de poursuite de parcours, taux d'insertion (pour les CFA, en lien avec InserJeunes).
- Données de processus : taux d'assiduité, taux d'abandon, taux de retour des questionnaires.
- Verbatims qualitatifs : commentaires libres, remontées orales, retours en réunion pédagogique.
Côté méthodes de collecte, plusieurs canaux coexistent : questionnaires à chaud (fin de session), à froid (3 à 6 mois après), enquêtes annuelles auprès des financeurs (OPCO, France Travail, Régions), entretiens individuels, focus groups, retours formateurs en réunion pédagogique formalisée. Le RNQ n'impose aucun format unique : c'est la cohérence et la traçabilité qui sont auditées.
Selon les retours d'expérience compilés par INFFO Formation, un dispositif solide repose sur une fréquence définie (par session, par trimestre, par cycle), une cible documentée (qui répond, à quel moment) et un seuil minimum de retour (souvent fixé entre 50 % et 70 % selon la nature de la prestation). Ces éléments figurent généralement dans une procédure interne « écoute des parties prenantes ».
3. Outils et techniques pour le recueil et l'analyse des données
Le choix des outils dépend du volume traité, des compétences internes et du système d'information existant. Aucun outil n'est imposé par le RNQ : l'auditeur évalue la capacité à produire des données fiables et exploitables.
Pour la collecte, les organismes utilisent généralement l'une des trois familles d'outils suivantes :
Pour aller plus loin, voir « Indicateur 11 Qualiopi : Évaluer l’Atteinte des Objectifs ».
- Formulaires en ligne (Google Forms, Microsoft Forms, Typeform, LimeSurvey) : déploiement rapide, export CSV/Excel, gratuits ou peu coûteux. Limite : peu d'automatisation du suivi.
- LMS et plateformes pédagogiques (Moodle, 360Learning, Digiforma, Dendreo) : intégration directe au parcours apprenant, déclenchement automatique en fin de session, agrégation native.
- Solutions ERP/CRM métier formation (Digiforma, Dendreo, Ypareo, FormaSup) : centralisation des appréciations dans le dossier apprenant, génération de tableaux de bord, traçabilité d'audit.
Pour l'analyse, Excel ou Google Sheets restent largement suffisants pour la majorité des OF (< 1 000 stagiaires/an). Au-delà, des outils de BI légers (Power BI, Looker Studio, Metabase) permettent de croiser appréciations et données pédagogiques. Le traitement des verbatims peut être facilité par une simple grille de codage thématique tenue dans un tableur — la sophistication n'est pas un critère d'audit.
Ce sujet est traité en détail dans « Indicateur 1 Qualiopi : Diffusion d’une Information Complète ».
Point important souligné par plusieurs auditeurs COFRAC : un outil sophistiqué mal alimenté est moins crédible qu'un tableur tenu rigoureusement. La règle de proportionnalité prime. Pour aller plus loin sur l'instrumentation, voir les indicateurs de qualité pour les organismes de formation.
4. Analyse des résultats et prise de décision
C'est sur ce volet que se concentrent la majorité des non-conformités relevées en audit de surveillance. Selon les retours publiés par plusieurs organismes certificateurs, l'absence d'analyse formalisée — et non l'absence de collecte — constitue l'écart le plus fréquent sur l'indicateur 31.
Plutôt que de créer chaque document vous-même, un pack de conformité Qualiopi couvre l’ensemble des indicateurs du référentiel.
L'analyse attendue dépasse le simple calcul de moyennes. Elle doit faire apparaître :
- Une synthèse périodique (trimestrielle, semestrielle ou annuelle selon le volume) avec taux de retour, scores moyens par axe, évolution dans le temps.
- Une segmentation par type de prestation, par formateur, par session, par site, lorsque c'est pertinent.
- Une identification des signaux faibles : verbatims récurrents, baisses ponctuelles, écarts entre parties prenantes (par exemple appréciation bénéficiaires vs. entreprises).
- Une mise en regard avec les indicateurs de résultats (réussite, insertion, poursuite).
La prise de décision se matérialise par un plan d'action documenté : actions correctives, responsables désignés, échéances, modalités de vérification d'efficacité. Ce plan d'action est généralement consigné dans un registre d'amélioration continue ou dans le compte-rendu d'une revue qualité annuelle, conformément à l'esprit de l'indicateur 30.
En complément, l’article « Indicateur 19 Qualiopi : Analyse des besoins de l'entreprise ou de la branche » apporte des exemples concrets.
Un point souvent négligé : la communication des résultats aux parties prenantes. Le RNQ ne l'impose pas explicitement sur l'indicateur 31, mais plusieurs auditeurs valorisent la diffusion d'une synthèse aux financeurs et aux formateurs. Cette pratique renforce la crédibilité du dispositif et alimente la confiance des OPCO.
5. Mise en œuvre et suivi de l'indicateur 31 Qualiopi
La mise en œuvre se déroule en quatre temps. D'abord, la rédaction d'une procédure décrivant le dispositif de recueil : périmètre, outils, fréquence, responsable, modalités d'analyse, modalités de restitution. Cette procédure peut être intégrée au manuel qualité ou exister en document autonome.
Pour approfondir ce point, consultez notre guide « Indicateur 12 Qualiopi : Engagement et Atteinte des Objectifs des Stagiaires ».
Ensuite, le déploiement opérationnel : paramétrage des questionnaires, formation des formateurs au protocole, intégration dans le parcours apprenant (mention dans la convention, dans le règlement intérieur ou dans le livret d'accueil). Pour les CFA, l'articulation avec InserJeunes et l'enquête IPA constitue un complément utile mais non substituable.
Troisième temps : le suivi. Un tableau de bord opérationnel récapitule pour chaque période les taux de retour, les scores clés, les actions ouvertes. Ce tableau de bord est exigible en audit. Il sert aussi à piloter la revue de direction (ou revue qualité), qui constitue le moment de synthèse annuel.
Quatrième temps : l'évaluation du dispositif lui-même. Une fois par an, l'organisme vérifie que les outils restent adaptés, que les questionnaires couvrent toujours les axes pertinents et que les taux de retour atteignent les seuils définis. Si ce n'est pas le cas, une action corrective est ouverte — typiquement, refonte du questionnaire, relance automatisée, ou modification du canal de diffusion.
Le RNQ ne sanctionne pas un score faible. Il sanctionne l'absence de boucle d'amélioration. Un organisme qui affiche une moyenne de 6/10 mais montre une démarche structurée d'amélioration sera mieux noté qu'un organisme à 9/10 sans analyse formalisée.
Le rythme de revue dépend du volume d'activité. Pour un petit OF, une revue annuelle peut suffire. Pour un organisme volumineux ou multi-sites, une cadence semestrielle voire trimestrielle est généralement attendue.
6. Exemples et bonnes pratiques pour les organismes de formation
Les retours d'expérience publiés par INFFO Formation et par plusieurs réseaux professionnels (Fédération de la Formation Professionnelle, Centre Inffo) font émerger un faisceau de pratiques convergentes.
Pratique 1 — Questionnaires courts et différenciés. Les questionnaires trop longs s'effondrent en taux de retour. Les organismes qui maintiennent un taux > 70 % utilisent des formats courts (8 à 15 questions), différenciés par partie prenante : un questionnaire bénéficiaire ne pose pas les mêmes questions qu'un questionnaire entreprise ou financeur.
Pratique 2 — Évaluation à froid systématique. Réalisée 3 à 6 mois après la formation, elle apporte une lecture complémentaire à l'évaluation à chaud. Elle est particulièrement valorisée par les auditeurs car elle mesure l'effet réel de la prestation, en cohérence avec l'indicateur 11 (objectifs opérationnels) et l'indicateur 30.
Pratique 3 — Implication des formateurs. Les formateurs constituent une partie prenante explicitement mentionnée dans l'indicateur 31. Une réunion pédagogique trimestrielle formalisée (avec compte-rendu) couvre simultanément le recueil de leurs appréciations et leur association à l'analyse.
Pratique 4 — Croisement avec l'indicateur 32. Les réclamations remontées via le dispositif de l'indicateur 32 doivent être réinjectées dans l'analyse de l'indicateur 31. Cette articulation est souvent vérifiée en audit par recoupement documentaire.
Si vous partez d’une page blanche, des modèles de documents prêts à l’emploi sécurisent chaque preuve demandée lors de l’audit.
Pratique 5 — Traçabilité des actions. Chaque action corrective issue de l'analyse fait l'objet d'un suivi nominatif. Le registre d'amélioration continue (parfois appelé « plan d'action qualité ») est l'élément central de preuve : il matérialise la boucle entre données, décision et résultat.
Pratique 6 — Cohérence avec la communication commerciale. Les chiffres publiés sur le site internet ou les supports commerciaux (taux de satisfaction, taux de réussite) doivent correspondre exactement aux données analysées. Tout écart constaté en audit est traité comme non-conformité majeure au titre de l'indicateur 1 (information du public).
FAQ
Qu'est-ce que l'indicateur 31 Qualiopi et pourquoi est-il important ?
L'indicateur 31 du Référentiel National Qualité impose au prestataire de formation de recueillir les appréciations des parties prenantes : bénéficiaires, financeurs, entreprises concernées et équipes pédagogiques. Il est central car il conditionne la boucle d'amélioration continue, en cohérence avec les indicateurs 30 et 32. Un dispositif lacunaire sur cet indicateur expose à une non-conformité majeure lors de l'audit de surveillance ou de renouvellement.
Comment collecter et analyser les données de qualité des prestations ?
La collecte s'appuie sur des questionnaires structurés (à chaud, à froid), des entretiens, des réunions pédagogiques formalisées et des enquêtes auprès des financeurs. L'analyse passe par une synthèse périodique avec taux de retour, scores par axe, évolution temporelle et identification des signaux faibles. Elle doit déboucher sur un plan d'action documenté, condition pour démontrer la boucle d'amélioration continue exigée par le RNQ.
Quels sont les types de données à collecter pour l'indicateur 31 Qualiopi ?
Quatre familles sont attendues : appréciations qualitatives (satisfaction sur contenus, animation, organisation), indicateurs quantitatifs de résultats (réussite, certification, insertion), données de processus (assiduité, abandon, taux de retour) et verbatims libres. Pour les CFA, les données InserJeunes complètent le dispositif. Le périmètre varie selon les catégories d'action couvertes par la certification (AF, BC, VAE, apprentissage).
Comment interpréter les résultats de l'analyse des données ?
L'interprétation va au-delà des moyennes. Elle identifie les écarts par session, par formateur ou par site, met en évidence les signaux faibles dans les verbatims et croise appréciations et résultats objectifs. Selon France Compétences, l'auditeur valorise une lecture qualitative argumentée plutôt qu'un simple tableau de scores. La conclusion doit alimenter un plan d'action avec responsables et échéances.
Quels sont les outils les plus efficaces pour le recueil et l'analyse ?
Aucun outil n'est imposé par le RNQ. Les formulaires en ligne (Microsoft Forms, Typeform), les LMS (Moodle, 360Learning) et les ERP métier formation (Digiforma, Dendreo, Ypareo) sont les plus répandus. Pour l'analyse, Excel ou Google Sheets suffisent à la majorité des organismes. Les outils de BI (Power BI, Looker Studio) deviennent utiles au-delà de 1 000 stagiaires par an. La proportionnalité prime sur la sophistication.
Comment mettre en œuvre et suivre l'indicateur 31 Qualiopi ?
La mise en œuvre se déroule en quatre étapes : rédaction d'une procédure d'écoute des parties prenantes, déploiement opérationnel (paramétrage, formation des formateurs, intégration au parcours), suivi via tableau de bord, et évaluation annuelle du dispositif. Le rythme de revue dépend du volume : annuel pour un petit OF, semestriel ou trimestriel pour un organisme multi-sites ou à fort volume.
Quels sont les exemples de mise en œuvre réussie de l'indicateur 31 ?
Les pratiques convergentes identifiées par INFFO Formation incluent : questionnaires courts différenciés par partie prenante, évaluation à froid systématique à 3-6 mois, réunions pédagogiques trimestrielles formalisées, croisement avec les réclamations de l'indicateur 32, registre d'amélioration continue nominatif et cohérence stricte entre données analysées et chiffres publiés sur les supports commerciaux.
Quel taux de retour aux questionnaires est attendu en audit ?
Le RNQ ne fixe pas de seuil quantitatif. Toutefois, les retours d'auditeurs COFRAC évoquent fréquemment une cible située entre 50 % et 70 % selon la nature de la prestation. Un taux durablement inférieur expose à un questionnement sur la représentativité du dispositif. L'organisme doit alors documenter les actions engagées (relances, changement de canal, simplification du questionnaire) pour préserver la conformité.
L'indicateur 31 s'applique-t-il aux formateurs externes ?
Oui. Le libellé officiel mentionne explicitement les « équipes pédagogiques » sans distinction entre salariés et sous-traitants. Le dispositif doit donc inclure les formateurs externes, généralement via une réunion pédagogique formalisée, un questionnaire ad hoc ou un retour intégré au bilan de mission. L'auditeur vérifie cette couverture par échantillonnage documentaire.
Quelle différence entre l'indicateur 30 et l'indicateur 31 ?
L'indicateur 30 porte spécifiquement sur l'appréciation des bénéficiaires quant à l'atteinte des objectifs de la prestation. L'indicateur 31 élargit le périmètre aux quatre parties prenantes : bénéficiaires, financeurs, entreprises et équipes pédagogiques. Les deux indicateurs sont complémentaires et doivent être articulés dans une même démarche d'écoute, traçable et documentée.
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